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Sidonie Gabrielle Colette

 

 

Une femme écrivain à Saint-Tropez.

Elle découvre la Méditerranée à l’âge de 34 ans lors d’une tournée dans le Midi d’une pièce dans laquelle elle est actrice. Ce n’est pas encore le coup de foudre, il lui faudra attendre la rencontre avec son troisième mari, Maurice Goudeket, pour tomber amoureuse de la région. Car c’est ce négociant en diamants qui lui fait découvrir Saint Tropez, petit port de pêcheurs alors inconnu. A l’époque, ceux qui bravaient la chaleur de l’été n’étaient qu’une minorité. Conquise, elle décide d’acheter une maison : le 6 novembre 1925, elle arrête son choix sur une petite maison de la Baie des Caroubiers, qu’elle baptise "La Treille Muscate", à cause du raisin muscat qui y pousse en abondance. Une grande passion quasi charnelle naîtra en elle pour sa maison, et surtout pour le jardin, plus d’un hectare de vignes, arbres fruitiers, fleurs et légumes méditerranéens. Bientôt, après avoir dit adieu à la scène, elle devient citoyenne du Midi, vivant à l’année à La Treille Muscate : "rien n’est pareil à ce Golfe, à ces terres heureuses, à leur verdure sans effort … Quel climat … c’est un miracle !"



Levée tôt chaque matin, elle promène son chien avant le petit déjeuner sous les glycines. Elle se met ensuite au jardinage, avec "la plus grande ardeur", s’émerveillant du déroulement des saisons : "le printemps est tendre, odorant, chargé de cognassiers en fleur, de lilas, d’iris, d’arums, de roses, de glycines, de giroflées … L’hiver, il est fleuri de petites roses, de narcisses doubles et même de lavandes". Après une courte sieste, elle se met à son travail d’écrivain (c’est là qu’elle écrira "La naissance du jour") jusqu’à la nuit, où elle dort à la belle étoile, installant son lit sur la terrasse. Amoureuse de la Provence, il lui plaît d’écouter le parler fleuri des Provençaux, dont elle s’amuse à reproduire l’accent. Au menu de ses déjeuners, on ne trouve que des mets provençaux : melons verts, anchoïade, riz aux favouilles, rascasse farcie et beignets d’aubergine, bouillabaisse, aïoli … A sa table, généreusement ouverte, se succéderont le comédien Jean-Pierre Aumont ou le compositeur Georges Auric, Francis Carco ou Joseph Kessel. En 1933, elle invita le scénariste Marc Allégret pour travailler à son film "Le lac aux dames", dont elle écrivit les dialogues. Elle avait aussi noué des liens d’amitié avec le petit groupe des peintres de Saint Tropez, comme le graveur et illustrateur André Dunoyer de Segonzac ou le peintre Luc-Albert Moreau. Et dînait parfois chez des amis avec Jean Cocteau ou Antoine de Saint-Exupéry.

Lorsque, suite à une fracture du péroné, elle adopte pour être à l’aise, de confortables sandales, elle lançait sans le savoir la mode des "tropéziennes".

 

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